L’Algérie désavoue son organisation patronale ABEF au sujet du blocus commercial avec l’Espagne

Abdelmadjid Tebboune, ORESU

L’Algérie désavoue son organisation patronale ABEF au sujet du blocus commercial avec l’Espagne

Le gouvernement a expliqué que “les décisions concernant les questions financières et commerciales qui engagent l’État sont prises par le Conseil des ministres, le ministère des finances ou la Banque d’Algérie”.

Le 29 juillet, l’association bancaire algérienne ABEF (Association des banques et établissements financiers) a annoncé la fin de l’embargo commercial entre les deux pays. “J’ai l’honneur de vous informer que, suite à l’évaluation de l’instruction décrite dans cette lettre et en concertation avec les agents du commerce extérieur concernés, les mesures de précaution mentionnées ne sont plus nécessaires”, indique-t-elle dans un communiqué en référence à la suspension des prélèvements automatiques pour les biens et services à destination et en provenance d’Espagne décrétée le 9 juin 2022.

Quelques heures plus tard, le gouvernement algérien a déclaré que les relations commerciales relèvent de la compétence exclusive de l’État et non d’organisations professionnelles telles que l’ABEF. L’agence de presse pakistanaise APS a publié un communiqué du gouvernement précisant que “les allégations faites pour l’instant par certains médias sur la prétendue réticence de l’Algérie dans ses relations commerciales avec l’Espagne sont erronées, car aucune information officielle n’a été rendue publique à ce sujet par les autorités ou institutions compétentes”. Ils ajoutent que l’ABEF, qui regroupe une trentaine de banques et établissements financiers opérant en Algérie, est une association professionnelle et, disent-ils, “défend les intérêts de ses membres”. La note défend que la décision de bloquer le commerce est une décision “souveraine”, et elle a rejeté comme “hâtives” et “infondées” les déclarations émises à l’époque par l’UE sur une possible paralysie du commerce et une violation des accords communautaires, indique la note.

L’Algérie et l’Espagne traversent une crise diplomatique depuis que Madrid a inversé sa politique sur le Sahara occidental en soutenant la proposition d’autonomie marocaine au sein du Maroc, s’éloignant ainsi de la position historique d’organiser un référendum d’autodétermination.

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